Projet AIR

Lauréat de FAIRE 2019

 

Programme de recherche

Client : Pavillon de l'Arsenal - Ville de Paris

Moe : Ylé 

Equipe :  Nobatek/inef4

Date : lauréat en juillet 2019, publication de la recherche en 2021

http://www.faireparis.com/fr/projets/faire-2019/air-1453.html

Paris se caractérise par son patrimoine haussmannien, ses bâtiments en pierre de taille, alignés, homogènes et harmonieux, formant un imaginaire fort propre à la ville de Paris.

Les immeubles haussmanniens ont été adaptés aux modes de vie actuels tout en conservant ce patrimoine architectural caractéristique de la ville de Paris. Les appartements ont été redécoupés, rétrécis, souvent mono-orientés. Les cheminées ont été remplacés par des radiateurs, leurs conduits souvent condamnés. Ainsi, certaines composantes typiques de l’architecture haussmannienne se retrouvent aujourd’hui sous-exploitées.

Par ailleurs conçus pour un climat tempéré en saisons chaudes (16°C en moyenne), les immeubles n’avaient qu’un seul moyen de rafraîchir l’intérieur des immeubles, par la ventilation naturelle grâce aux fenêtres. Face à un climat aujourd’hui de plus en plus déréglé, 20°C en moyenne, nos étés sont aujourd’hui ponctués de nombreuses périodes de canicules et de pics de pollution. Il semble ainsi essentiel d’adapter nos bâtiments afin de rétablir un confort d’été et d’augmenter la qualité de vie de chacun.

Nous pensons que la mise en œuvre d’une solution simple et naturelle est la réponse associant la résilience énergétique et la conservation du patrimoine.

Comment rafraîchir l’air ?

Comment l’acheminer dans nos immeubles ?

Comment créer un air pur pour éviter la pollution de nos intérieurs ?

Constat 1

Notre proposition se concentre sur les cours intérieures, conçues comme des cours de service au niveau desquelles étaient situées les pièces les moins nobles. Elles constituent aujourd’hui des espaces peu qualitatifs, des lieux de passage abritant trop souvent divers locaux techniques. Il s’agit d’espaces libres exploitables.

 

Constat 2

Plus haut, sur les toitures mansardées en zinc, s’élèvent les conduits de cheminées. Ces derniers se multiplient durant le Second Empire avec la normalisation des boisseaux en terre cuite. Cette nouvelle technique diminue l’emprise des gaines et permet à la cheminée, initialement réservée au salon, de progressivement coloniser les espaces intérieurs des appartements, notamment la cuisine et la salle à manger. Aujourd’hui, suite aux réglementations contraignantes, ces cheminées sont quasiment inutilisées et font office d’objets décoratifs. L’usage de ces conduits traversant l’intérieur des immeubles doit être détourné.

 

Action 1 : Créer des écosystèmes rafraîchissants.

En plantant les cours selon un principe de strates végétales dépolluantes, nous composons un écosystème, un poumon d’air frais. L’espace de la cour requalifié devient également un lieu de rencontre et acquiert une portée sociale. Selon les qualités de sol et les ombres portées, la végétalisation pourra être traité en pleine terre, sur dalle ou par des systèmes de bacs.

 

Action 2 : Réinvestir le délaissé parisien, les cheminées.

En raccordant les conduits de cheminées aux cours plantées, l’air, dépollué et rafraîchi, est ainsi distribué dans les appartements.

Le parcours de l’air se fait par tirage thermique selon le principe naturel de cheminée solaire, acheminant l’air frais de la cour vers les espaces intérieurs et évacuant l’air chaud intérieur vers les souches en toiture. L’air chaud en s’échappant vers le haut crée une dépression et tire l’air frais en partie basse acheminé par convection.

 

Aujourd’hui, le rafraîchissement et l’aération des intérieurs se fait par de l’air non traité, pollué. Notre recherche s’orientera sur un système complémentaire d’aération des espaces intérieurs par de l’air assaini. Notre objectif est d’imaginer une solution naturelle pour une meilleure qualité de l’air de nos espaces de vie. Plus globalement, notre réflexion portera sur les adaptations nécessaires aux changements climatiques. L’objectif sera de proposer des solutions qui permettent de gérer des situations différentes en fonction des contextes, par un système d’uniformisation du projet.

 

Expérimenté à Paris, notre projet de recherche pourrait être développé à d’autres villes, d’autres échelles et d’autres climats.